
Portrait de Melle J.M. (étude), 1905
Huile sur toile, 73 x 60 cm. Lyon MBA, 1963.69.
© A. Basset

Femme au collier de fleurs, 1920
Huile sur toile, Troyes MAM
© J.-M. Protte, musées de Troyes
Après ses études au Lycée de Troyes, Marinot s'inscrit à l'Ecole des Beaux-Arts de Paris dans l'atelier Cormon, suivant de peu Henri Matisse, Jacques Villon ou Auguste Chabaud. Quelques tentatives infructueuses au concours officiel (prix de Rome) n'auront pas raison de sa vocation de peintre. Il se démarque alors de l'enseignement académique de son maître pour se mêler, assez fortuitement, en 1905, à la première manifestation du groupe des fauves, dont la peinture vigoureuse et joyeusement colorée fait alors sensation au Salon d'automne.
Pratiquant la technique synthétique des aplats colorés, il
joue d'une palette éclatante et puise ses sujets de prédilection
dans son environnement familial. De tempérament assez réservé,
Marinot se tient cependant à l'écart des villégiatures
artistiques qui favorisent les échanges durables ou éphémères
des artistes fauves. Ses apparitions successives aux Salons d'automne et
des indépendants renforceront ses liens avec le groupe au cours
des années suivantes. Malgré cette distance vis-à-vis
des fauves, on décèle des connivences picturales entre son
Portrait de Melle J.M. et la célèbre Femme au chapeau de
Matisse présentée en 1905.
En 1909, ses œuvres côtoient directement celles de Manguin, Friesz,
Vlaminck, Van Dongen et Matisse dans les salles du Salon d'automne qui continue
de faire scandale, en suscitant les colères et les rires des visiteurs.
Pierre Goujon, chroniqueur de la Gazette des Beaux-Arts, se plaît à déceler
alors chez le jeune Marinot, le talent prometteur d'un nouvel artiste décorateur.