
Flacon plat de contour ovoïde
Col à bourrelets, décor intercalaire craquelé blanc sur fond rouge, bouchon, 1930
H. 13 cm. Troyes MAM, mnpl 1719
© J.-M. Protte, musées de Troyes

Vase tronconique à plans imbriqués
Décor gravé et à bulles, 1934
H. 22 cm. Troyes MAM, mnpl 1717
© J.-M. Protte, musées de Troyes
Attendues avec impatience par les amateurs les plus en vues de la capitale (Louis Barthou, Jacques Zoubaloff, Paul Poiret, Charles Pacquement, Marcel Sembat...), les expositions annuelles ont favorisé la réputation de Marinot, qui garnissait régulièrement les pavillons et les stands des ensembliers à l'occasion des Salons d'automne, des indépendants, des décorateurs ou des grandes expositions internationales (Londres, New York, Barcelone, Munich, Wiesbaden, Paris, Venise...).
Reconnu par la critique la plus exigeante comme le nouveau Palissy de sa génération, Marinot conduit l'expérience contemporaine du verre à une véritable alchimie élémentaire qui associe les vertus de l'eau, de la terre, de l'air et du feu dans une production recherchée pour sa subtilité et son raffinement. En 1937, la fermeture de la gobeleterie Viard suspend définitivement cette forme de création, que l'état de santé de l'artiste avait déjà ralentie depuis 1934. Le corpus de l'œuvre verrier avoisine les quelque 2 500 pièces. Henri Clouzot, ancien directeur du musée Galliera, qui fut avec son confrère Raymons Escolier et les critiques Louis Vauxcelles, Léondre Vaillat et Guillaume Janneau, l'un des plus fidèles défenseurs du génie de Marinot, reconnaît avec justesse que « son talent, éminemment personnel, fait le désespoir des suiveurs ». L'importance de Marinot se mesure cependant à celle de sa descendance artistique, comme le rappelle Léon Rosenthal, « Marinot est certainement l'homme qui a le plus influencé la verrerie d'art ces dernières années, tant en France qu'à l'étranger ».